Mon nom était Elizabeth, j'avais huit ans. J'étais née le 18 janvier 1965, dans une ville connue sous le nom d'Hellraid. Étant une petite fille, je ne voyais pas la laideur du monde qui m'entourait... C'était pour moi une journée comme tant d'autre qui débutait. Je vivrais de l'aube au crépuscule, comme à mon habitude...
Ce jour là, nous étions le 15 novembre, un samedi. L'aube illumina de sa couleur violète l'intérieur de ma chambre. J'étais allongée dans mon grand lit. Ma tête reposait sur un oreiller orange, et mon corps, lui, était emmitouflé dans ma couette. Je me levai, me chaussai de mes pantoufles, et me rendit comme chaque matin devant la fenêtre. Au dehors, les arbres n'avaient presque plus de feuilles, sauf quelques résistantes arborant des teintes oranges, violettes, etc. La rue entière était déserte. Une voiture passait de temps à autre, mais absolument rien d'autre. Le vent soufflait déjà dans les arbres, créant d'exquises vagues dans leurs feuillages. Tout était si calme ... Je contemplai encore le paysage, puis allai me vêtir d'un pantalon, d'une blouse bleue avec une fleur, et d'un pull gris clair et orange. Je descendais les marches du grand escalier de chêne. Le bois crissa légèrement sous moi. Une fois en bas, je vis père attablé et lisant son journal. Mère elle préparait le déjeuné. Je pénétrai dans la cuisine.
« -Bonjour Père, bonjour Mère lançai-je.
-Bonjour chérie, répondirent-ils en c½ur. As-tu bien dormi, ajouta mère
-Oui, merci mère »
Je tirai la chaise puis m'assit dessus.
Une demi-heure plus tard, mère et moi sortîmes de la cuisine. Nous enfilâmes des vêtements chauds et nous rendîmes dans le parc. Nous traversâmes main dans la main la rue, et pénétrâmes dans l'air de jeux. Des enfants jouaient sur les divers manèges installés. Certains courraient aussi dans les feuilles mortes, les faisant voler en tout sens. Les couleurs de l'automne m'encerclaient. Pour moi tout n'était qu'émerveillement, la vie entière n'était que joie et bonheur immuable.
J'allai jouer avec d'autres enfants. Je montai sur une tournette légèrement rongée par le temps, que mère fit tourner avec gaité. Mes cheveux battaient l'air, le pompon de mon bonnet ne faisait que pirouettes.
Nous restâmes toute la journée dans le parc, puis vers six heures, mère fatiguée vint près de moi.
« -Chérie, je vais chercher mon livre à la maison, reste bien ici et n'oublie pas, ne parle pas à des inconnus !
-Oui, promis je ne parlerai à personne avant ton retour... »
Une fois ma mère partie, je continuai à tourner dans les feuilles. Petit à petit, le parc se vida et ne voyant mère, je décidai de m'asseoir sur un banc. C'est à cet instant que j'aperçu « L'Homme » m'épiant entre deux arbres. Dès que j'eus croisé son regard froid tel celui d'un traqueur, il s'approcha de moi. Il s'assit à côté de moi et me dit :
« -Bonjour jeune fille, que tu es belle !
-Ma maman m'a dit de ne pas parler à des inconnus.
-Justement c'est la que je voulais à arriver, ta mère est chez moi, elle t'attend. Elle m'a demandé de venir te chercher...
-Ce n'est pas vrai !
-Si je te le jure, petite ... quelle est ton nom ?
-Je m'appelle Elizabeth.
-Quel merveilleux prénom !
-Viens, suis-moi je vais te conduire à ta mère... »
Je me levais et lui tendit la main, cachée dans ma moufle... Nous marchâmes dans le bois, puis ce fut comme un trou noir, je ne me souvenais plus de rien...